Editorial
Le quinzième numéro des Quatre Temps nous aide à profiter des travaux dè la journée de l'AIPB à Lausanne en 2010.
L'implication émotionnelle du soignant en était le thème, introduit par
Luc Steimer, qui, par la question de savoir quelle notice fournie au
consultant d'un soignant lui apprendrait comment il doit utiliser
celui-ci, et quelle information le soignant possède-t-il sur lui-même,
pointe un apprentissage considérable à faire.
Une demande manifeste, et une demande latente, note Suzanne Dejoie;
demandes qui doivent rejoindre le soignant. Oui, mais par quelles
voies? Et dans quelles mesures peut-il répondre à ces demandes de
communication. Il n'est pas le Bon Dieu, remarque Sylviane Roset-Jault,
mais se croit souvent l'être, et l'on sait que ses réponses manifestes
sont très rares. Alors descendons du nuage divin pour pouvoir enfin
répondre.
Pour jouer sa partie, il convient, comme pour un instrument, de
pratiquer un accordage. Et Rodolpho Rodriguez dans un riche article
développe trois zones de contenance, demandant pour chacune un accord
particulier. La convergence des vécus a un effet sur l'attitude des
médecins, et Ysé Coulombre note la simplicité, l'unicité prétendue de
la personne du soignant qui bien sûr se double toujours et rapidement
d'une diffraction impliquant reconnaissance et étude.
Voilà pour notre journée de Lausanne. Selon notre habitude nous
joignons quelques articles, parfois anciens; leur densité étoffe et
soutient la connaissance de notre travail, soit dans le métier soit
dans notre méthode psychodramatiste.
Anne Caïn, qui en est la fondatrice, en raconte la genèse. Histoire
fascinante que le chroniqueur de cet éditorial a vécu avec quelques
happy few. Nous l'avons relue avec émotion. Nous espérons vous la faire
partager.
Arthur Trenkel, dont la réflexion est liée à l'expérience du moment,
nous montre, à propos d'une situation de congrès, sur le vif,
l'importance d'une jonction avec l'autre, le laissant autre, tout en
restant soi.
Une vignette clinique de François Berton, pleine d'émotion, illustre
cette possibilité que nous possédons de laisser à l'autre cette autre
possibilité de manifester ce qui n'avait pu l'être. Conséquence de
l'apprentissage de ce que Michael Balint, nomme dans un autre article
ici reproduit «Le métier de comprendre autrui.» Une sorte d'expérience
imprévisible qui peut fournir au patient une autre expérience
créatrice.
Ou parfois l'inverse.
François Berton Annie Bouillon
Sommaire
François Berton, Annie Bouillon : Éditorial
DOSSIER:
Luc Steimer
Introduction: L'implication émotionnelle du soignant. 9
Rodolfo Rodriguez
L'accordage esthésico-affectif entre le soignant et son patient 13
Suzanne Dejoie
Docteur voulez-vous être mon amie?
Ne répondez pas aujourd'hui. 19
Sylviane Roset-Jault
Entre-deux. Ou : Si je ne suis pas le Bon Dieu ... Qui suis-je? 23
Marius Besson
Soigner les exclus: Bâtir autour de nos émotions de soignants. 29
Ysé Coulondre
Du simple au double 33
Hors DOSSIER:
François Berton
Mourir sans vider mon carquois … 41
Anne Caïn
Quinze années d'expérience du psychodrame-Balint
avec Charles Brisset 43
Arthur Trenkel
Rejoindre l'autre.
Une tentative de passerelle entre Est et Ouest 47
Michael Balint
Pédiatrie et Psychothérapie 51
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