Sommaire du numero 13 : Corps, Parole, mémoire et Psychodrame balint. Paris, Octobre 2008
François Berton, Annie Bouillon : Éditorial
DOSSIER:
Annie Bouillon : Introduction
Philippe Otmesguine : Traces et regards
Monique de Hadjelatché : Quand le corps prend la parole
Jean-Pierre Bachmann : La mémoire et le corps dans le psychodrame-Balint
Marie Heyman : Du récit à l'émotion et retour
HORS DOSSIER:
Gildas Le Bayon : Identité et corporéité: une genèse alternative
Ophélia Avron : Le psychodrame et ses mises en scène
François Berton : A Joinville-lePont, chez Gégéne ou Peut-on effacer les empreintes?
Anne Caïn : Le Psychodrame Balint et le malade cancéreux
INFORMATIONS
EDITORIAL
Corps, histoire, mémoire: cette riche relation triangulaire n'en
finit pas d'interférer en création perpétuelle:
les physiciens disent que trois points définissent un plan, donc
une stabilité; dans notre domaine il en est tout autrement:
l'instabilité créatrice de corps - histoire -
mémoire fait la richesse de notre travail.
Histoire des corps, des médecins et patients que Philippe
Otmesguine nous livre avec sa sensibilité et son humour de
sexologue pertinent. Dans la même veine, Monique de Hadjetlatche
fait appel à la mémoire de son propre corps pour
évoquer celle de ses patients et en tirer l'enseignement que le
moi est corporel et que l'identification met en jeu le corps
et l'histoire du soignant lui-même.
Les étudiants en médecine resteraient-ils de grands
enfants? Leurs corps en ont la spontanéité, la maladresse
et la sensibilité; et Marie Heymann qui travaille avec eux
constate qu'à leur corps défendant, oublié puis
retrouvé, ils se découvrent déjà soignants.
La recherche et la pertinence du travail de Jean-Pierre Bachmann met en
relation très actuelle les manifestations de l'inconscient et
les connaissances nouvelles acquises sur la mémoire, cela sans
jamais quitter l'observation des patients et de notre travail, sachant
que la signification de l'action ne peut être obtenue que si
celle-ci est enregistrée dans le système moteur de
l'observation comme si c'était son propre mouvement. Ce travail
mérite et demande grande attention.
Gildas Le Bayon nous interroge sur les rapports que chaque homme
entretient entre son identité et son corps; dans le même
ordre de relation qu'ont les parties émergées et
immergées d'un iceberg.
Les traces mnésiques continuent leur carrière posthume
dans l'ombre de l'inconscient, rappelle Ophelia Avron: enregistrement,
stimulation et modification seront exprimés par le corps avant
que la parole ne les atteigne. Les mises en scène du psychodrame
en sont les voies d'accès. Les corps parlent en dansant, et
c'est dans une guinguette des bords de la Marne que nous emmène
François Berton. Les corps y vivent-ils librement? Pas tous. Et
l'empreinte des leçons apprises est plus contrainte qu'aide.
Comment bénéficier d'une aide sans la gêne du
carcan?
Pour terminer, Anne Cain pointe le rôle du corps, le corps
familial, dans une autre trilogie qui englobe la maladie et le
médecin.
On ne se débarrasse pas si facilement des uns et des autres.
Cette livraison des Quatre Temps
pénètre le cœur -le corps - même de nos
métiers et de nos vies. Il nous donne envie d'aller plus loin.
Annie Bouillon François Berton