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SOMMAIRE
François Berton,Annic Bouillon
Editorial
DOSSIER
Suzanne Dejoie
Nous avons vu l’ours, passé le pont
Jean-PierreBachmann
Apres-coup ct contre-transfert
Michcl Robinot
Salut Toubib!
Gilbert Siegrist
L’apres-coup, du coup de barre au coup de pouce
Marie Didier
Naissance d'un dialogue
CG Bruere-Dawson
La question du sujet : entre après coup et anticipation
Bernard Le Flohic
L'aprcs-coup et le Groupe dc psychodrame balint
HORS - DOSSIER
J,-C. Benoit
L’associafion du Balint et du psychodramc
Anne Cain
Corps,Mémoire et Histoire
Bernard Le Flohic
A propos du groupc Maine-Monparnasse
François Berton
Du fantasme au jeu dans le psychodrame-balint
Arthur Trenkel
L’anxiété dans le vécu de l’animateur
René Gelly
L’art de Michaël Balint, ou la psychanalyse au service de la medecine
EDITORIAL
AToulouse, se sont tenues les treizièmes rencontres de l'AIPB le 21 octobre 2006. Michèle Bonnal
en a assuré le parfait déroulement, et les travaux
servent de base à la composition de cette livraison de notre
revue, centrée, comme les journées, sur
l'Après-coup.
Jean-Pierre Bachmann
commente et éclaire le concept d'après-coup qui
réactive et surtout modifie un souvenir - une trace
mnésique ancienne. Toute scène psychodramatique,
même si elle tente de reproduire avec une certaine
fidélité la situation originaire ne porte-elle pas avec
ses effets de condensation et de déplacement aussi et
déja la marque d'un après-coup? Par ailleurs s'il existe
un après -coup de la rencontre du malade, il existe un
après-coup de nos séances, portant un éclairage
sur l'usage que nous faisons de notre personnalité et de nos
convictions. Par ailleurs il est rappelé que Freud avait
déjà anticipé à propos de la mémoire
sur la notion moderne de plasticité neuronale.
Le regard porté sur la maladie peut en réflexion
révéler celui du malade sur le médecin: une
séance de psychodrame-Balint a servi de miroir pour Michel Robinot à propos d'un cas relaté.
Deux récits émouvants de Gilbert Siegrist illustrent l'idée selon laquelle l'émotion
accusée par le médecin fait partie intégrante de
la maladie du patient. Elle y introduit un coup de barre, ou un coup de
pouce, et c'est dans la relation prolongée que
l'après-coup permet d'être examiné et
utilisé. L'inattendu, le dangereux parfois surgit dans le jeu
comme dans la vie. Comme l'ours rencontré lors d'une promenade
dans la dense forêt québécoise, racontée et
commentée par Suzanne Dejoie.
A ce propos le titre de son article «Nous avons vu l'ours,
passé le pont» a été entendu
phonétiquement comme: «Nous avons vu l'ours passer le pont
». Erreur féconde: il faut franchir, il faut changer de
rive pour voir l'ours. Ce n'est pas lui qui passe le pont, c'est nous;
condition pour affronter l'inconnu et le risque.
Marie Didier, médecin
à Toulouse était invitée. Écrivain, auteur
de «Contre-visite », du «Livre de Jeanne »,
elle a publié récemment «Dans la nuit de
Bicêtre ». Elle y remonte à la naissance du
dialogue, à partir de son expérience, de son travail et
des interférences entre ce qu'elle ressent et ce qu'elle voit.
Et ce qu'elle raconte. Nous citons deux pages de «Dans la nuit de
Bicètre»: Tu aurais pu être pareil à ces fous
- ils auraient pu être pareils à toi.
Puis Guy Bruère-Dawson
positionne le concept d'après-coup à partir du transfert,
de la trace mnésique, et de la mémoire. Les uns et les
autres contribuant à leur remaniement réciproque. Nous
voilà loin d'un déterminisme linéaire qui ne
prendrait en considération que l'action du passé sur le
présent. En psychodrame, on joue comme dans un rêve, non
pas le lieu d'une répétition, mais d'une confrontation.
L'après-coup et l'anticipation encadrent le moment fécond
et libératoire. Mais Bernard le Flohic
exprime une pudeur dans la découverte de ce que lui rappelle la
rencontre médicale. Interrogation inquiète devant
l'interférence du groupe, deuil d'un passé simple qui se
révèle passé composé.
A côté de ces retombées de nos journées,
comme chaque fois, nous publions quelques articles plus ou moins
anciens. Voici un tout premier texte sur le psychodrame Balint par un
assistant au groupe parisien Charles Brisset/ Anne Caïn, un des
groupes constitutifs de la méthode, il y a une trentaine
d'années. Jean-Claude Benoît
y assistait en observateur. Sur notre demande il avait écrit ce
qu'il avait remarqué, prenant ici appui sur un week-end de
travail en psychodrame. Et en bon témoin moins impliqué
il met l'accent sur la participation des médecins au groupe et
sur leur relation à celui-ci, la mettant en parallèle
avec leur relation au malade. La personnalité du
médecin considérée comme un des
éléments de définition de la maladie deviendra une
des révélations du travail. Cet article préfigure
l'avenir de notre méthode; et lui apporte un éclairage
précoce.
A tout seigneur tout honneur, et en relation pensons nous avec le thème proposé, un écrit d'Anne Caïn.
S'il commence sur corps, histoire et mémoire il se termine sur
corps et parole. Seul le corps reste entier, réel, de cette
transformation, «le premier dans l'expression avant la
parole». Quelle place prend-t-il en rapport avec notre histoire
et notre mémoire, alors qu'il est devenu un objet
privilégié qui parle et non un sujet d'observation. Pour François Berton
le fantasme demeure en filigrane, en tissage étroit, en terreau
nourricier du psychodrame Balint; il est passé par ici, il
repassera par là. La mise en scène,
caractéristique de tout fantasme est commentée de
brèves illustrations.
Arthur Trenkel nous
ramène à la réalité du malade et de sa
maladie et de la position du médecin en face. Si l'un n'est pas
un simple porteur de maladie, l'autre ne peut rester un simple porteur
de savoir. L'auteur introduit la notion de perspective relationnelle,
inductrice d'espace de liberté, où, comme dans toute
perspective, les valeurs se relativisent l'une l'autre.
Le parti-pris relationnel sert de fil conducteur à ce grand article de René Gelly,
psychanalyste et théoricien de la chose balintienne. Il met en
perspective l'œuvre de Balint et celle de Freud sans quitter
l'objet de la relation; pointant le rôle privilégié
du médecin généraliste exposé aux
pièges de cette relation, mais aussi a sa
créativité.
Nous ésperons que l'après-coup de la lecture de cette revue nourrira votre travail et votre reflex ion.
Nous vous rappelons l'existence du site de l'AIPB , lien permanent et
vivant entre ceux qui participent aux groupes, ceux qui s'y interessent
et ceux qui ne nous connaissent pas.
Annie Bouillon
François Berton